L’innovation vue de Sophia-Antipolis : Un réseau sans fils pour surveiller l’air
14/09/2011 at 12:21 Poster un commentaire
Bonjour à tous. Aujourd’hui ce ne sont pas mois de 3 billets dont je vais vous faire part. Les deux premiers pourraient en fait n’en faire qu’un, mais il serait assez long, aussi je préfère le scinder. Il s’agit de l’exemple d’une jeune PME et d’un petit entretien auquel ils ont bien voulu répondre. Commençons donc avec cette toute jeune start-up qui a été en finale des Trophées du Business Vert de l’Expansion (voir article du 11 mai). Cette éco-PME mêle astucieusement électronique, informatique et environnement.
EcoLogicSense a été créé il y a tout juste un an à Sophia-Antipolis. C’est donc une toute jeune entreprise. Ces créateurs Amin Taleghani et Jérôme Renault viennent tous deux de l’école Polytech’Nice. Leur idée en créant EcoLogicSense (ELS) : utiliser les capacités électroniques et informatique pour construire des réseaux communiquant de capteurs de surveillance de la qualité de l’air. Aujourd’hui l’entreprise compte 6 personnes.
Qu’a créé EcoLogicSense ?
Concrètement ELS a su utiliser les dernières technologies de communication pour l’appliquer à l’environnement. Ils ont décidé de construire des réseaux de capteurs sans fil pour surveiller la qualité de l’air en temps réel. Ces capteurs communiquent entre eux et forment un réseau.
Les capteurs transmettent de proche en proche l’information jusqu’à un un centralisateur qui lui va transmettre l’ensemble des informations à l’ordinateur. Depuis l’ordinateur, il est alors possible de sélectionner les données à afficher et contrôler le réseau à distance : les données d’un seul capteur, les données de l’ensemble du réseau sur un seul composé, … Je parle d’ordinateur, mais le contrôle du réseau peut se faire depuis un smartphone.
Principe du réseau de capteurs (Schéma EcoLogicSense)
La formation du réseau est très souple : il peut être à maille large, ou au contraire très dense, il peut se resserrer par endroit puis se « relâcher ». De fait, les capteurs d’EcoLogicSense peuvent être adaptés pour contrôle aussi bien l’air d’une pièce (par exemple une salle blanche) que les alentours d’une entreprise pour veiller aux rejets atmosphériques, ou encore une région de plusieurs dizaines de kilomètres-carrés. Dans tous les cas, il sera possible de connaître à tout moment la qualité de l’air en temps réel et donc si nécessaire de réagir immédiatement.
Comment ont-ils fait cela ?
Pour déployer des réseaux importants, il y a de nombreuses contraintes, deux sont particulièrement cruciales : la distance maximale entre les capteurs et le coût des capteurs. Cette contrainte non technologique est souvent un frein important. Mais c’est une contrainte qu’EcologicSense a su contourner. Leur choix s’est porté sur la technologie Zigbee (protocole réseau IEEE 802.15.4 pour les intimes). C’est un protocole de communication sécurisé, comparable à du bluetooth mais qui coûte presque trois fois moins cher. La distance maximale du signal est d’une centaine de mètres, soit autant, voire même plus, que pour le bluetooth.
Dans les boîtiers, des capteurs permettent mesurer de multiples données sur l’air : la température, la pression, l’humidité, les matières en suspension, les COV (composés organiques volatiles), … Les informations sont alors stockées sur une carte-mémoire. Enfin un micro-contrôleur permet les échanges des données et le contrôle à distance du capteur.
Des exemples d’usage de ces réseaux ?
L’un des premiers projets de réseau de cette PME a été réalisé avec TERA Environnement. L’objectif était de permettre un monitoring performant des environnements maîtrisés pour leur salle propre. En effet dans leur laboratoire, il est impératif pour TERA de connaître avec précision et de maîtriser le moindre polluant atmosphérique pouvant compromettre ses recherches et analyses. Cette coopération a donné naissance au système ACS ( pour permet un monitoring fiable et en temps réel pour toutes les salles blanches.
La jeune société entreprend également un vaste projet de surveillance atmosphérique aux côtés d’ATMO PACA, du Laboratoire de Chimie de Provence et des entreprises TERA Environnement et Numtech. Il s’agit de concevoir un réseau fiable sur quelques 190 km² autour de Aix en Provence pour déterminer à tout moment la qualité de l’air.
Par ailleurs, ce réseau peut s’adapter à d’autres environnements. en modifiant les capteurs et les adaptant à un environnement aquatique, il serait ainsi possible de suivre un temps réel et continu la qualité d’un cours d’eau par exemple. Cette hypothèse a été évoquée dans l’interview publiée dans le billet suivant.
Des impacts sur l’environnement ?
Comme évoqué dans l’article sur le capteur de SensInnov (voir article du 6 mai 2011), parfois analyser la qualité de l’environnement est un acte peu « éco-friendly ». Encore une fois, EcoLogicSense a contourné cela. Leur technologie émet 1000 fois moins d’ondes radio que du wifi ou du bluetooth. Rappelons que si la dangerosité des ondes radio utilisées pour les téléphones portables et le wifi notamment n’a pas été totalement prouvée, son innocuité n’a pas non plus été totalement prouvée. Donc dans le doute, autant les réduire et c’est ce que fait EcoLogicSense.
Les capteurs ont également été conçus pour être le plus autonomes en énergie possible ; et leur équipe de R&D continue régulièrement à travailler sur cette autonomie en énergie. La réduction de la consommation énergétique est donc un autre point aspect important.
Enfin, comme les réseaux d’ELS sont destinés à rester en place dans la durée pour une surveillance en continu, il n’y a que peu de déchets par rapport au nombre des mesures réalisées.
Bilan : réduction des indes électromagnétique, réduction de la consommation énergétique et réduction des déchets.
Sur quel écosystème repose EcoLogicSense ?
Dés sa création, EcoLogicSense a su capitaliser sur le fonctionnement en réseau de l’écosystème d’innovation et s’est implanté au cœur de la technopôle de Sophia Antipolis, plus précisément au Centre International de Communication Avancée qui accueille de nombreux événements scientifiques de Sophia Antipolis.
ELS a rapidement intégré deux pôles de compétitivité : le POPSUD et le SCS. POPSUD/Optitec est un pôle de compétitivité dédié à filière optique-photonique. Il regroupe 183 partenaires, dont 109 entreprises, 31 laboratoires. Le pôle SCS (Solutions Communicantes Sécurisées) est un pôle mondial dédié aux TIC qui compte plus 260 partenaire dont 70% de PME.
EcoLogicSense a rejoint également plusieurs associations : TelecomValley et la FIMEA (Fédération Interprofessionnelle des Métiers de l’Environnement Atmosphérique).
Et pour finir sur son écosystème de travail et d’innovation, citons ces partenaires technologiques : TERA Environnement, Numtech, Arago System, le Laboratoire de Chimie de Provence, le FEMTO et enfin l’association AtmoPACA. Au final l’écosystème d’EcoLogicSense repose sur plus d’une dizaine de partenaires différents.
A noter : EcoLogicSense s’est engagée pour répondre à l’Appel à projets Filières Industrielles 2011, lancé par la Direction générale de la Compétitivité, de l’Industrie et des Services.
Sources :
- http://www.ecologicsense.fr
- http://fr.wikipedia.org/wiki/ZigBee
- http://www.zigbee.org/
- http://www.pole-scs.org/content/sp%C3%A9cialiste-de-la-conception-de-r%C3%A9seaux-de-capteurs-sans-fil-d%C3%A9di%C3%A9s-%C3%A0-la-collecte-au-traitem
- http://www.ecologicsense.fr/download/DossierDePresse_EcoLogicSense.pdf
- http://www.telecom-valley.fr/
- http://fimea.wordpress.com/
Entry filed under: Air, Les PME innovantes. Tags: air, écosystème innovation, écotechnologies, PACA, recherche.
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